Ce Sud, si beau et cruel

Catégorie : Critique

La première voix qui s'élève est celle de Jero, un étudiant coincé dans un trou perdu : à Hermanus,  ville portuaire au sud est du Cap. Jero vient de passer deux ans sur une thèse consacrée à l'écrivain Garcia Marquez. "Je me suis perdue dans sa mentalité latino-américaine." , estime l'étudiant. Le lecteur aussi est un peu perdu et balloté dans l'univers de Troy Blacklaws, qui n'en est que plus captivant. Un autre personnage se distingue dans cette partie du monde, marqué par le racisme, le chaos et la violence. Il s'agit d'un professeur d'anglais renvoyé de l'établissement où il enseignait, pour la seule raison de s'être publiquement moqué des chemises du président de son pays, le Zimbawe. Fuyant vers l'Afrique du Sud, Jabulani, l'enseignant moqueur est enlevé par des trafiquants. Ici tout est possible, en particulier le pire. Cet univers inquiétant est parfaitement bien évoqué par l'écrivain, qui passe d'une scène à une autre, sans transition. Le monde qu'il décrit est dur et conduit par des êtres un peu fous. Ce Sud, qui est si beau, est aussi noir et cruel. Un roman passionnant, un style bouillonnant.

"Un monde beau, fou et cruel", de Troy Blacklaws, traduit de l'anglais (Afrique du Sud) par Pierre Guglielmina, Flammarion. 19 €.

Photo Philippe Matsas.