"C'est Azincourt dans la langue!"

Catégorie : Critique

 

La langue française disparaît sous nos yeux, l'écrivain Alain Borer s'en inquiète. Il évoque la propagation de l'anglais, "c'est Azincourt dans la langue ! ", écrit l'auteur, les mots seraient comme des flèches, tomberaient dru sur nous, sans que nous ne saisissions l'importance du phénomène.

La langue française semble à bout de souffle, "les Bac + 15 commettent des fautes de CM2", se désole Alain Borer, poète, essayiste et critique d'art. "Ecrire en français permet de mettre ses idées en place, mais encore de trouver ses idées par les mots qui les ouvrent, de les tirer au clair, par ce travail qui permet au vitrier non pas d'exprimer sa pensée mais de la découvrir (...)Ecrire, c'est forer. "

"Ce ne sont pas les dictionnaires normatifs (le Dictionnaire de l'Académie française, Trévoux, Littré), ni les dictionnaires dissidents (Furetière, Girault-Duvivier), moins encore les dictionnaires descriptifs (Larousse, Robert, ces attrape-tout dédiés à l'"état de la langue"), mais les écrivains qui ont prescrit la langue française - et d'ailleurs tous, grammaires et dictionnaires, s'appuient sur des exemples puisés dans la littérature. D'où la considération et l'autorité qu'ils exercèrent dans la société française, à toutes époques, de Rabelais à Voltaire, Hugo ou Zola, Péguy ou Gide, Breton ou Camus..."

La langue française se trouve en difficulté, c'est un amoureux de cette langue qui parle, nous fait part de ses réflexions, et de ses inquiétudes en illustrant son propos de nombreux exemples et citations.

 

"De quel amour blessée", d'Alain Borer, Gallimard, 22,50 €.