Entre quatre murs, le silence

Catégorie : Critique

Avec le décès de leur père et la vente de la maison familiale, Saul, sa soeur Hélène et les jumeaux Réna et Elias se retrouvent un peu perdus, encore plus seuls. Pour leur mère, c'est tout aussi difficile. Le roman s'ouvre sur l'image d'une maison vidée de sa chair, de frères et soeurs, adultes, désorientés, qui ont du mal à communiquer entre eux. Deux ans plus tard, la tension est toujours là, chacun vit sa vie sans chercher à voir les autres. Saul, l'aîné s'est installé en Grèce, pays d'origine de la famille. Des retrouvailles se profilent. Tour à tour, ils vont s'exprimer, dévoiler chacun une petite partie du mystère qui les entoure et de la blessure - jamais guérie - qui les fait souffrir. Il y a dans ce livre une écriture dramatique très forte, avec beaucoup de dialogues. C'est dense. Le récit est émaillé de questions sur la vérité, la souffrance, l'exactitude des sentiments, l'attente... Au lecteur de de suivre son propre chemin au milieu de tous ces personnages qui évoluent dans un univers confus, marqué par des relations brisées. Ces frères et soeurs, qui partagent un passé douloureux, connaissent une sorte d'enfermement. Seul un séjour en Grèce, le pays de leurs grands-parents pourra peut-être débloquer la situation, en tout cas délier les langues et ouvrir une porte sur un avenir meilleur. Un roman subtil, bien orchestré et très touchant.

"Quatre murs" de Kéthévane Davrichewy, Sabine Wespieser éditeur.18 €