La malédiction du bandit moustachu

Catégorie : Critique

A n'en pas douter, Irina Teodorescu est une fameuse conteuse. Son premier roman "La malédiction du bandit moustachu" nous offre une série de portraits incroyables, flirtant avec les extrêmes (que ce soit en gentillesse comme en méchanceté) et un lot de péripéties qui s'enchaînent à toute vitesse. Ce ne sont pas des êtres réalistes. On est dans autre chose, dans la dimension du conte où les enfants sont aussi très étonnants, déjà riches de savoirs forts étendus. On entre avec facilité dans ce récit énergique, qui traduit la violence du destin humain en violence imaginaire. L'action démarre chez un barbier, où se croisent un bandit de grand chemin, en possession d'immenses trésors, et un petit bourgois du coin - Gheorghe Marinescu - qui va tuer le premier, lui prendre son trésor et pour cela être maudit. Avant de mourir, l'homme à la moustache a réussi à prononcer une malédiction visant Marinescu et toute sa descendance jusqu'à l'an deux mille ! Sous nos yeux, défilent les enfants, petits-enfants et autres membres de la famille Marinescu, victimes du mauvais sort. Comme dans un conte, nous ne nous sentons jamais en danger, malgré la sauvagerie et la brutalité de certaines scènes, la cruauté de la majorité des personnages. Derrière le caractère loufoque de ce récit, se dessinent des questions essentielles (sur la justice, la famille, l'abandon, la cupidité...) qui nous accompagnent au-delà du livre. Cette drôle d'histoire amusante se lit d'une traite tant l'écriture est vive.

L'auteur, Irina Teodorescu, est née à Bucarest (1979) et vit en France depuis 1998.

"La malédiction du bandit moustachu" de Irina Teodorescu, Gaïa, 17 €.