La terrible efficacité du peigne de Cléopâtre

Catégorie : Critique

Les personnages de ce roman ont une idée lumineuse pour travailler ensemble, de façon souple et indépendante. Mari, Anna et Fredrik s’unissent pour créer « Le peigne de Cléopâtre », une petite entreprise innovante, prête à résoudre tous les problèmes. Le seul petit problème de cette équipe, c’est qu’elle n’annonce pas de limites à ses services. Jusqu’où sera-t-elle capable d’aller ? La question arrive bientôt avec Elsa Karlsten, une vieille dame voisine d’Anna, qui leur demande un jour d’éliminer son mari. Un homme alcoolique, horrible, qui joue les tyrans auprès de son épouse. Tandis que les trois amis s’inquiètent de cette dérive imprévue et se posent des questions de moralité, arrive un fait nouveau : l’homme en question est assassiné. Qui l’a tué ? Serait-ce l’un d’eux ? Les trois amis sont-ils prêts à encaisser l’argent que leur propose toujours la vieille dame ? A peine ces nouveaux sujets de tourmente viennent bousculer le quotidien de la petite équipe qu’une nouvelle demande d’assassinat intervient, entraînant le trio dans une spirale infernale. Maria Ernestam maîtrise parfaitement le suspense de cette histoire, qui évolue entre le polar et le roman psychologique. Les trois personnages principaux laissent entrevoir un passé douloureux, des contradictions et des ambiguïtés qui les rendent à la fois riches, intéressants et capables de tout. L’écriture de Maria Ernestam sait harponner le lecteur, avec des personnages qui posent de vraies questions sur la famille, la culpabilité, la folie, le bien et le mal, la fragilité des décisions et des engagements.

"Le peigne de Cléopâtre", de Maria Ernestam, traduit du suédois par Esther Sermage et Ophélie Alegre, Gaïa, 21 €. En librairie en octobre 2013.