Un oiseau nommé Ruban

Catégorie : Critique

Le Ruban commence avec la voix d'une enfant qui nous parle de sa grand-mère, amie des animaux : "Sumire adore les oiseaux." Cet amour est immense ; il rapproche la petite fille de sa grand-mère, une dame qui a de la tenue et de la personnalité, ainsi que de la patience et un grand coeur.  Dès les premières pages, une surprise nous attend : la vieille dame a des oeufs dans son chignon qu'elle souhaite couver elle-même ! A partir de là, tout va s'enchaîner, nous entraîner dans une série d'histoires dont le fil rouge est Ruban, l'unique oiseau sorti vivant des oeufs couvés. Ce qui peut paraitre mignon, gentil au premier abord se révèle très vite fort et émouvant. L'oiseau que les protagonistes de chaque histoire croisent sur leur chemin évoque la lumière, l'espoir, la liberté. On est dans le respect du monde animal, dans la prise de conscience de la sensibilité des bêtes, de leur intelligence et de leur importance. Ce roman offre par ailleurs une galerie de personnages, tous aussi intéressants les uns que les autres, tous un peu particuliers (comme le garçon qui travaille à la Maison des oiseaux le jour et dans un bar à travestis le soir). Ils sont souvent très seuls et connaissent des chagrins qui les écrasent. Mais il y a de l'espérance au bout du chemin. Ito Ogawa se glisse avec aisance dans la peau des personnages et montre une certaine virtuosité dans l'agencement du récit. C'est tout simplement magnifique.


"Le Ruban" de Ito Ogawa (traduit du japonais par Myriam Dartois-Ako, éditions Philippe Picquier. 19,50 €.