Une "Grande Villa" bienveillante

Catégorie : Critique

(Photo Régis Routier)

 

C'est un roman empli de solitude, marqué par l'envie de vivre malgré le deuil. "La Grande villa", où débarque la narratrice, dès la première page de ce récit,  va jouer le lieu de la réparation et de l'apaisement.

Les mots, l'écriture avaient déserté l'écrivaine - Laurence Vilaine - au lendemain de la mort de son père. C'est en revenant dans la Grande Villa - lieu de résidence à Marseille - que l'on va la voir reprendre pied au fil des jours, de moments de réflexion et aussi d'épuisement qu'elle atteint en effectuant essentiellement des longueurs en piscine. "J'ai nagé cinquante longueurs de bassin sans pause, cinquante fois vingt-cinq mètres, me concentrer pour les compter m'a permis de ne laisser entrer que des chiffres dans ma tête." (page 13).  La beauté et la force de ce récit tiennent dans la justesse des mots pour parler du déchirement vécu, du besoin d'observer et de toucher les choses pour se sentir en vie, retrouver des émotions, des souvenirs. Et aussi dans la façon de parler de cette Villa, lieu de mémoire, où les tomettes, les meubles et tous les détails évoquent quelque chose, quelqu'un et puis rassurent, accompagnent dans le silence. "Il est quelque chose de très intime entre elle et moi. A peine ma valise posée le tout premier jour chez elle, je me souviens de ma main sur ses murs, un peu comme on effleure une joue tout juste amie (...)." (page 71). C'est touchant, pas du tout noir, seulement revigorant.

"La Grande Villa" de Laurence Vilaine. Editions Gaïa. 8,50 €. En librairie à partir du 17 août.