Une reprise difficile pour le commissaire Winter

Catégorie : Critique

Nouvelle aventure du commissaire Winter : cette fois après deux ans d'arrêt, deux ans de repos au soleil après avoir frôlé la mort au fond d'une piscine. Winter retourne en Suède et tombe dès le 1er jour sur une affaire criminelle d'une certaine ampleur : une mère et deux de ses enfants ont été assassinés à coups de couteau. Reste un bébé sain et sauf. Pourquoi toute cette violence ? Pourquoi ce bébé a-t-il été épargné ? Comment gérer ce dossier avec une famille restée en Espagne et une mère mourante ? La reprise est dure pour Winter qui souffre par ailleurs d'acouphène. Ake Edwardson joue les illusionnistes, manie avec dextérité les images entre rêve et réalité. Il met en scène un policier sensible, qui a des visions, des sensations bizarres qui le mettent sur la bonne voie. Jusqu'au bout du livre, le suspense demeure et ce n'est que dans les toutes dernières pages que la lumière réussit à être faite sur les événements tragiques qui se sont déroulés dans la maison de Stora Amundö. 

Les histoires de Ake Edwardson évoquent toute la complexité du monde ainsi que les peurs et la violence qui agitent notre quotidien en n'oubliant pas d'y introduire les éléments intemporels qui caractérisent les humains : leurs passions, leurs faiblesses, leurs révoltes, leur naïveté, leurs contradictions et leur férocité.

Extrait, p 32.

"Qu'avait-il vu dans le lit ?

Que n'avait-il pas vu ?

Qu'ai-je vu ?

Que n'ai-je pas vu ?

Qu'ai-je vu que je ne vois pas ?

Il savait à présent ce qu'il n'avait pas vu. Ni par terre. Ni dans le lit. Nulle part."

 

"La Maison du bout du monde" de Ake Edwardson. JC Lattès. 21,50 €. En librairie à partir du 16 septembre 2015.